MAYAK, le complexe nucléaire de la Russie

09/03/2019 23:13

MAYAK ou Maïak, au sud-est de l’Oural, en Russie.

C’est le nom de la première et l’une des plus graves catastrophes nucléaires de l’histoire, en 1957, bien avant Tchernobyl et Fukushima.

Combien de morts et de blessés à l’époque ? Mystère... Le secret le plus absolu a toujours entouré ce complexe nucléaire de Russie.

Un nouvel accident nucléaire ? Voir le reportage "Envoyé spécial" du 18 janvier 2018

 Un très grave accident nucléaire s'est produit le 29 septembre 1957.

Des cuves de déchets radioactifs enterrées subissent une panne du système de refroidissement. L'évaporation différentielle de différents composés conduit à une puissante explosion chimique (non-nucléaire) d'une énergie équivalente à 75 tonnes de TNT (310 GJ). À la suite de cette explosion, des radioéléments se répandent avec une activité estimée à 740 PBq. L'explosion a projeté à plus d’un kilomètre d’altitude environ deux millions de curies de produits radioactifs, et près de dix fois plus dans l’environnement de l’installation, soit environ la moitié des quantités rejetées à Tchernobyl. Au moins 200 personnes décèdent, 10 000 personnes sont évacuées et 470 000 personnes sont exposées aux radiations.

Cet accident nucléaire, connu aussi sous le nom d'accident de «Kyshtym», le plus grave qui se soit produit en URSS hormis la catastrophe de Tchernobyl, est classifié au niveau 6 de l'échelle INES. Le régime soviétique ayant maintenu le secret défense sur cet accident, les premières informations ne seront révélées qu'à partir de 1976 par le biologiste russe Jaurès Medvedev, alors immigré en Angleterre.

 

D'autres accidents sont imputables au complexe Maïak :

    - des pluies de forte intensité font déborder un lac contaminé par la radio-activité dans la rivière Tetcha ;

    - une tempête soulève des poussières radioactives du lac Karatchaï asséché et les répand sur la région d'Ozersk.

Dans le quotidien Libération du 24 août 2000, Igor Forofontov de Greenpeace Russie affirme que « les matières radioactives continuent à remonter à la surface transportées par les eaux souterraines ».

Fin septembre 2017, du ruthénium 106 est détecté dans de nombreux endroits en Europe. Un rapport de l'IRSN daté du 9 novembre 2017 pointe un accident majeur (100 à 300 Tera Becquerels) dans la région de Maïak. Le 20 novembre, la Russie finit par reconnaître, par l'intermédiaire de son agence de météorologie Rosguidromet, qu'une concentration « extrêmement élevée » de ruthénium 106 a été détectée fin septembre dans plusieurs régions de Russie, et que le nuage radioactif a touché tous les pays européens, dont la France ("sans conséquence d'après l'IRSN tant pour la santé humaine que pour l'environnement"). Selon Nadezhda Kutepova, militante russe des droits de l'homme réfugiée en France et fondatrice de l'ONG Planète de l'espoir, il y a peu de doute : cette pollution vient de l'usine de retraitement du combustible usé située sur le complexe de Maïak.

(source wikipedia)

 

Lire aussi le;Doc CRIIRAD sur le 60e «anniversaire» de la catastrophe de Kyshtym. Mayac

 

Ozersk ville secrète nucléaire

Vingt ans après la dissolution de l’URSS, deux millions de Russes vivent encore au secret, comme à l’époque soviétique, dans quarante-deux villes closes dites "ZATO". Des villes liées à l’industrie militaire ou à la production d’énergie nucléaire.

Reliquat de l’époque soviétique, les habitants, soumis à des règlements particuliers pour tous leurs déplacements, se voient pourtant comme des privilégiés, protégés du monde par de hautes grilles. Mais d’autres se battent contre un système qui maintient le secret autour d’installations nucléaires déficientes, au mépris des populations locales, et de l’environnement.

Ozersk et son complexe de Maïak forment un bel exemple. La région de Maïak, qui produisait tout le plutonium de la guerre froide, est aujourd’hui une poubelle nucléaire. Protégée par son statut de ZATO. Le secret est tel qu’il a permis d’occulter, pendant près de trente ans, le premier accident nucléaire au monde : l’explosion en 1957 d’une cuve de déchets, suite à une panne du circuit de refroidissement. Le nuage radioactif avait alors affecté près de 300 000 personnes, sur 23 000 km²... Vingt-deux villages avaient été évacués.

Cinquante ans plus tard, les victimes et les "liquidateurs", obligés à nettoyer la région, attendent toujours de l’aide. D’autres sont irradiés jour après jour par les émanations des usines de retraitement d’uranium de Mayak. Et la population est sans défense.

Nadiejda y a fondé Planète Espoirs, pour défendre les droits à la liberté et à un environnement décent pour les gens de la région. Et elle défend les victimes des restrictions à la circulation comme celles de la radioactivité.

Sortir du nucléaire