Huit soudures à refaire sur l'EPR : encore 2 ans de retard

24/06/2019 14:33

www.lemonde.fr/economie - 20 juin 2019

La décision de l’Autorité de sûreté nucléaire, qui demande à EDF de reprendre huit soudures, remet en question la stratégie de tout le secteur.

C’était la prise de parole que toute la filière nucléaire attendait avec appréhension : jeudi 20 juin, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a confirmé qu’EDF devra reprendre huit soudures sur l’EPR de Flamanville (Manche). Une décision qui devrait accentuer le retard de ce chantier devenu le symbole des difficultés de la filière nucléaire française.

La construction du réacteur de troisième génération, commencée en 2007, devait être initialement terminée en 2012 et coûter autour de 3,5 milliards d’euros. Avec ce nouveau revers, l’EPR ne devrait pas entrer en service avant, au mieux, la fin de l’année 2022, et le coût devrait dépasser les 11 milliards d’euros.

Même si EDF pense encore possible de démarrer l’EPR avec les soudures actuelles, et de ne les réparer qu’en 2024, après plusieurs années de fonctionnement, le président de l’ASN, Bernard Doroszczuk, a signifié que « la solution de référence » devait être leur réparation immédiate.

La mise en œuvre des travaux promet d’être un casse-tête pour EDF. Les soudures concernées sont situées entre les deux enceintes de confinement du réacteur. Or, ce bâtiment est solide, puisqu’il a été conçu pour résister à la chute d’un avion.

Pour reprendre les soudures, il faudra probablement défaire une partie du béton, ce qui sera long et coûteux. Une fois ce processus effectué, le travail peut prendre jusqu’à huit semaines par soudure. Avec un problème de main-d’œuvre : la filière nucléaire manque de soudeurs qualifiés et les mobiliser en urgence a un coût. Ensuite, il faudra soumettre de nouveau ces soudures au regard de l’ASN. Enfin, un nouveau décret d’autorisation de création de l’EPR sera nécessaire. L’actuel arrive à échéance en avril 2020.