Une figure de la Polynésie, spécialiste des conséquences des essais nucléaires : Bruno Barillot

09/06/2017 21:28

Bruno Barillot, qui avait lutté contre les essais nucléaires, est décédé

29 mars 2017

Bruno Barillot, chercheur et ardent opposant aux essais nucléaires, est décédé samedi 25 mars à l’hôpital du Taaone, à Papeete, en Polynésie française, des suites d’une longue maladie. Il aurait eu 77 ans le 9 avril prochain.

Bruno Barillot, originaire de Lyon, était un prêtre catholique. Dans les années 60 et jusque dans les années 90, la France procède à 210 essais nucléaires. Alors en fonction au sein du clergé, Bruno Barillot interpelle l’église à ce sujet mais il n’est pas entendu. Ses convictions ne sont alors plus en adéquation avec son sacerdoce, il décide de démissionner et de débuter des recherches sur les essais nucléaires français.

Après plusieurs années au sein d’organisations anti-nucléaires, il arrive en Polynésie dans les années 90 en tant que journaliste à Libération.

Bruno Barillot intègre le mouvement des jeunes indépendantistes et mène en parallèle des recherches à Mangareva. Il écrira plusieurs livres sur les essais nucléaires avant d’être à l’origine de l’association Moruroa e Tatou.

Spécialiste des armements et notamment des armes nucléaires, Bruno Barillot a été le co-fondateur, en 1984, du Centre de Documentation et de Recherche sur la Paix et les Conflits, devenu depuis l’Observatoire des armements.

En 2001, c’est avec Roland Oldham et John Doom qu’il fonde l’association des anciens travailleurs et des victimes de Moruroa et Fangataufa, Morurora e tatau

De 2009 à 2013, sous les gouvernement Tong Sang et Temaru, Bruno Barillot est délégué polynésien pour le suivi des conséquences des essais nucléaires en Polynésie française. La Délégation polynésienne pour le suivi des conséquences des essais nucléaires (DSCEN) avait été créée en décembre 2007.

Bruno Barillot est licencié de ce poste au retour de Gaston Flosse au pouvoir en 2013. En août 2016, le gouvernement Fritch le remet dans ces fonctions.

Bruno Barillot laisse derrière lui un fils adoptif d’origine Béninoise qu’il avait pris sous son aile à l’âge de 20 ans.

193 essais nucléaires en Polynesie, dont 46 aériens

http://www.criirad.org/actualites/dossiers2006/polynesie/CRIIRAD2016-07-01-polynesie-essais-nucleaires.pdf